Chute de cheveux en automne : faut-il s'inquiéter ?
Chaque année à la rentrée, la même question revient en consultation : « Je perds beaucoup plus de cheveux depuis quelques semaines, est-ce normal ? » Le plus souvent, oui. Mais pas toujours.
Une chute saisonnière bien réelle
Comme le pelage de nombreux mammifères, notre chevelure suit un rythme saisonnier. Plusieurs études ont observé qu'une plus grande proportion de cheveux entre en phase de repos à la fin de l'été. Ces cheveux tombent quelques semaines plus tard, ce qui explique le pic de chute observé en automne.
Cette chute est :
- diffuse, sur toute la tête, sans plaque ;
- passagère : elle dure en général quelques semaines ;
- sans perte de densité durable : les cheveux tombés sont remplacés.
Rappelons qu'on perd normalement entre 50 et 100 cheveux par jour, un peu plus les jours de shampoing.
Les signes qui doivent faire consulter
La chute d'automne ne doit pas masquer une autre cause. Prenez rendez-vous si :
- la chute dure plus de deux mois ;
- votre densité diminue : raie qui s'élargit, golfes, tonsure, queue de cheval plus fine ;
- des plaques sans cheveux apparaissent (voir la pelade) ;
- la chute a commencé deux à trois mois après un stress, une maladie, un régime ou un accouchement : il peut s'agir d'une chute brutale de type effluvium ;
- vous ressentez une grande fatigue : une prise de sang peut révéler une carence en fer ou un trouble thyroïdien.
Ce qui aide (et ce qui ne sert à rien)
- Manipulez vos cheveux avec douceur : brossage délicat, pas de coiffures trop serrées.
- Mangez équilibré, avec suffisamment de protéines et de fer.
- Inutile de multiplier les compléments « spécial chute » sans carence prouvée : ils n'accélèrent pas la repousse.
- Les shampoings antichute ne traitent pas la cause d'une chute (voir notre article shampoing antichute : efficace ou marketing ?).
Et si c'était le début d'une alopécie ?
Une chute saisonnière plus marquée d'une année sur l'autre, ou des cheveux qui s'affinent, peuvent révéler une alopécie androgénétique débutante, chez l'homme comme chez la femme. Plus elle est prise en charge tôt, plus les traitements sont efficaces.
Le diagnostic capillaire avec trichoscopie permet de faire la différence en une consultation : densité, calibre des cheveux, signes de miniaturisation.
